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Lundi 20 novembre 2006 1 20 /11 /Nov /2006 05:55

Comme vous le savez sans doute, ce week-end c'était l'APEC au Vietnam. Depuis plusieurs mois les banderoles, les "Welcome to APEC Vietnam" en pots de fleurs de deux couleurs, les panneaux lumineux clignotants et autres manifestations de joie kitsch et clinquantes se multipliaient dans Hanoi et nous nous préparions, pleins d'entrain, à un week-end de fetes et de rencontres intéressantes...

Mais voilà, ça ne se passe pas comme ça. Loin d'etre une fete, l'APEC s'avère l'occasion d'une mise en berne de tout amusement à Hanoi. Les militaires (en vert) et policiers (en jaune, quoique... je ne suis plus trop sure des attributions de couleur) sont partout. Sur les routes formant des barrages, à l'entrée des immeubles, sur des motos et dans des jeeps, partout. Dès qu'une voiture transportant un quelconque officiel veut s'engager dans une rue, toutes les voies d'accès y sont bloquées et l'on dégage pour le roi, le président ou la première dame une voie parfaitement vide, luxe impensable dans un pays comme le Vietnam... Et des centaines de motos attendent impatiemment que le cortège finisse, et tout le monde est en retard, les meetings sont manqués, les déjeuners repoussés, les nerfs pelottés.

Ce n'est malheureusement pas tout ! Car si les travailleurs sont spolliés, la jeunesse vivante de la ville ne l'est pas moins : tous les bars, cafés et discothèques sont fermés. RIEN à faire. Et l'on voit errer dans la nuit des groupes de silhouettes sveltes, bières à 2000 dongs à la main, cherchant désespérément un havre où finir la soirée...

Bref. Ce n'est pas un moment pour s'amuser. Nevermind, me dis-je, j'ai de toutes façons un travail monstrueux à finir (je viens de copier-coller le dernier tableau dans le travail en question, c'est pourquoi je prends le temps d'écrire à présent) Et donc je travaille tout le week-end sur la version française de mes rapports de fin de mission youpi. Dimanche matin je me mets meme en route pour le musée afin de m'installer dans mon bureau climatisé pour une efficacité maximale. Au début de Pho Nguyen Van Huyen (la rue du musée), un barrage de militaires. je dois descendre de moto. Bon. Je règle mon chauffeur, puis m'apprete à descendre cette longue rue à pied. Quand un de ces messieurs, me pointant de sa matraque menaçante, se place devant moi et m'empeche de passer. Les militaires viet standard ne parlent pas un traitre mot d'anglais, alors j'explique à grand renfort de gestes que je travaille "you see ? computer ?". A peine 1m plus loin une matraque me barre de nouveau le passage. C'en est risible. Je continue ma progression lente à travers ces gentlemen. Et puis à l'avant-dernier barrage, rien à faire. Pour rentrer dans le musée, il faut un badge de l'APEC. Moi j'essaie de me faire entendre, mais ceux-là portent des kalachnikov et n'ont pas l'air commode. Je songe à téléphoner à quelqu'un du musée, mais alors que je plonge ma main dans le joli petit sac à main en soie acheté à HoiAn pour attraper mon portable, je vois un des messieurs tout vert stresser et devenir tout rouge, matraque pointée vers moi, moi l'horrible terroriste qui vais surement sortir de cette besace un flingue déguisé en miroir de poche.

J'ai cèdé et rebroussé chemin, penaude, trainant toujours mon ordinateur, toujours sous la chaleur... J'ai appris aujourd'hui que les first ladies, Mrs Bush comprise, visitaient le musée en exclu. Elles ont failli y passer mais heureusement, la menace a été écartée...

Par Anne - Publié dans : Vie quotidienne
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Lundi 13 novembre 2006 1 13 /11 /Nov /2006 05:08

La semaine dernière je suis partie en voyage, à la découverte des autres facettes du surprenant Vietnam... Après bientôt deux mois installée à Hanoi, maison-moto-boulot-soirées-dodo, j'ai donc refait mon sac à dos, chaussé mes sandales et vamos !

Dimanche matin, à une heure courageuse précédant le lever du jour, nous prenons avec Huong un taxi pour l'aéroport et nous envolons pour Da Nang... 1 heure plus tard sous un soleil de plomb nous sommes à la recherche d'un bus pour Hoi An, une petite ville charmante épargnée par les guerres où ne circulent pas les véhicules motorisés, maisons jaunes vieillottes aux balcons desquels flottent des lanternes, magnifiques temples sinisants, vieux port au charme surranné, vélos et cyclo-pousses au rythme lent... Une voiture s'arrête devant nous, un chauffeur bizarre et un monsieur avec un cocard et des pansements partout, qui nous proposent de nous y conduire pour 10 000 dongs... Hum. Un autre monsieur arrive, un oeil trop gros caché derrière un verre de lunette foncé, Huong semble trouver ça safe, on embarque et vive l'aventure :-S Finalement nous avons une chance folle, le dernier parle un français impeccable et même légèrement ampoulé, et entreprend de nous compter l'histoire du Vietnam, l'histoire de l'ancien royaume Champa, l'histoire de Da Nang et de Hoi An... Le trajet passe vite et nous voilà arrivées, transportées à une autre époque, longue ballade et visites dans la ville-village... En fin d'après-midi nous assistons à une performance de musique traditionnelle viet. Certains morceaux sont accompagnés de danseurs ou d'acteurs. Ils portent des masques, dansent et font des acrobaties (si vous avez vu Indochine vous voyez sans doute ce que je veux dire), ils sont impressionnants et à mourir de rire. Je commence à me lasser un peu des sons traditionnels quand soudain un morceau s'écarte résolument des traditions et ma parole, mais c'est du jazz ! Avec un violon viet tout à coup résolument free et un dan nguyet "basse" groove... Je ne sais pas si toute l'assistance a vraiment apprécié mais on pouvait voir le réel plaisir des musiciens sur scène, et moi dans mon coin j'étais ravie :-)

Le lendemain Huong repart à Da Nang et je m'en vais visiter My Son, les anciens temples du Champa à quelques heures de bus. Il faut bien comprendre que l'Indochine (Vietnam-Cambodge-Laos) était autrefois divisée en trois grands royaumes : le Kampuchea (les khmers), le Vietnam et le Champa. Les Cham furent beaucoup plus influencés par l'Inde que les Viets plus sinisants, et leurs temples sont construits sur les mêmes modèles que ceux d'Angkor, en brique rouge qui contraste magnifiquement avec la verdure environnante... ce fut une magnifique journée. Le lendemain, de retour à Da Nang j'ai visité le musée de la sculpture cham, un art sensible, tout en courbes, très sensuel, très différent de ce qu'on peut observer ailleurs au Vietnam. C'était sublime et émouvant, on ne peut imaginer de telles perfections depuis notre culture romano-grecque restreinte à l'Occident...

En revanche les conditions de voyage se sont nettement dégradées à partir de là. De retour à Da Nang, c'est le déluge. Pas un typhon comme il y a un mois, mais une tempête assez conséquente... Alors que la saison des pluies est finie à Hanoi depuis un moment déjà, ici nous sommes en plein dedans. Et comme au Vietnam il n'y a pas vraiment de système d'évacuation des eaux dans les rues, j'en ai bientôt jusqu'à mi-mollet... Je trouve ça plutôt rigolo en fait. Après un moment, j'abandonne tout effort tendant à rester sèche, tellement vain. Comme il fait chaud, c'est comme prendre une douche habillée, et ça n'empêche pas vraiment d'apprécier la ballade... Me voilà donc, trempée, marchant, sous les regards médusés des habitants locaux qui attendent à l'abri la fin de la pluie (fin qui n'arrivera pas, NDLR)

Lorsque le mercredi matin je m'en vais prendre un bus pour Hué, l'ancienne capitale impériale de la dynastie Nguyen (ils ont gouverné le Vietnam de 1802 jusqu'à Ho Chi Minh en 1945), je casse mes chaussures dans l'innondation et m'étale de tout mon long sur des parpaings... Evidemment je n'ai pas emporté de pharmacie, je suis costaude j'habite à Hanoi oui ou flute. Enfin à trop vouloir faire couleur locale "je ne suis pas une touriste comme les autres je ne prends pas toutes ces précautions", je me retrouve le pied saignant partout dans le bus jusqu'à ce qu'un gentil touriste me prète des pansements :-)

Arrivée dans la cité des empereurs, l'innondation est plus haute encore et chacun se terre dans les hôtels et les restaurants (cf plus bas sur la nourriture dans le centre). Pas moi. Je me sens une bravoure à toute épreuve et surtout mon avion décolle moins de deux jours après... Et tellement de choses à voir dans cette ville qui me fait rêver, qui fut pendant un siècle et demi le coeur de la culture et des arts vietnamiens, où s'est développée une vie de cour riche et magnificiente, où l'architecture ne ressemble à aucune autre... Bref, je prends mon imper et mon parapluie et hop je vais visiter. Je suis bien entendu mouillée après 5 mn mais je m'y résigne cf plus haut. Et je passe deux jours fantastiques, seule dans la citadelle, les tombes immenses, les palais où subsistent encore tous les meubles en l'état, les objets d'art et les costumes... Je me sens prise de mélancolie, je me crois princesse attendant dans le jardin désert le retour de son prince, peintre romantique émue des ruines de la grandeur passée...

Pour ne rien gacher du séjour, mon guesthouse à 3$ la nuit est tenu par des gens adorables, avec qui je passe de super soirées et qui me conduisent gentiment sur les sites. Ils me font aussi découvrir les spécialités culinaires de Hué et je me régale. Il y a un vrai art gastronomique dans le centre, avec de multiples saveurs, des plats délicieux... Le Vietnam ne m'avait pas habituée à ça ! Ce furent donc quelques jours de gourmandise associée à la découverte d'oeuvres d'art magnifiques... Que demander de plus ?? (à part la présence de mes amis bien sûr :-))

Je me suis envolée jeudi soir pour Ho Chi Minh ville, après un dernier banh bao (c'est une brioche mi-cuite fourrée d'oeufs de caille et de viande de porc avec des ptits légumes miam). La suite sera pour un autre article...

Par Anne - Publié dans : Voyage
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Lundi 13 novembre 2006 1 13 /11 /Nov /2006 03:46

Je ne trouvais pas vraiment de titre pour cet article, portant rapidement sur les difficultés du travail ici, au Musée d'Ethnographie mais plus généralement je pense dans le contexte vietnamien... Donc j'exprime par cette onomatopée simple une certaine fatigue qui me prend parfois.

Je viens de partir une semaine dans le centre et le sud (c'était extra d'ailleurs, article à venir sur les détails de mon périple), et juste avant ce fut bien évidemment le rush pré-vacances, week-ends à bosser et journées très longues, afin que tout soit bouclé avant mon départ... vous voyez ce que je veux dire. L'avant-veille de mon vol, je vais prendre un café avec la "responsable marketing" du musée. Elle ne parle ni anglais ni français ni rien, seulement vietnamien. Pas très pratique quand on doit faire de la communication et de la RP avec les étrangers me direz-vous. Ben oui. Nous ne sommes plus à une contradiction près. Mais sinon elle est charmante, et m'annonce donc ce jour, la bouche en coeur, qu'il y a un nouveau programme d'activités autour de la musique ethnique qui a commencé dimanche dernier. (Au passage j'aurais pu ne jamais le savoir. la communication interne -même interne au département marketing/communication- est aussi invisible que l'inexistante communication externe...) Et ce serait bien que je fasse un ou deux documents de comm. Genre pour tout de suite vu que ça a déjà commencé. OK.

Donc je laisse tomber tout ce que j'étais en train de faire et me lance tête baissée dans la "création". il faut trouver le concept, écrire les textes, faire un brief. Et ensuite on donne tout ça au graphiste ? Ha non. Il a trop de choses à faire. Donc me voilà proclamée graphiste aussi... Comme au bon vieux temps du BDA et de Backstage, je m'installe gaiement devant Photoshop (après avoir trouvé une copie gratuite du programme via un ami d'amie vietnamienne qui bosse dans l'informatique. Easy)

Est-ce qu'on a des images, des photos libres de droits, du matériel illustrant ? Ha ben non. Bon. Alors je vais faire des dessins. (ajoutés à l'album dessin d'ailleurs) Mes casquettes décidément se multiplient ! Je travaille dur mais voilà, faire les textes ET le graphisme ET les traductions en anglais ET tout ça en moins de deux jours c'est usant. Je finis les versions françaises du dépliant et de l'e-mail samedi soir à une heure avancée. Envoie un mail à la responsable marketing lui promettant les versions anglaises pour lundi. Et pars en voyage avec l'ordinateur portable en bandoullière... Mardi (oui un jour de retard) boulot à DaNang dans l'hotel, puis cybercafé, j'envoie tout ça, ouf. Ils vont pouvoir imprimer et distribuer avant le prochain spectacle (Dimanche).

Et le samedi suivant je reçois un mail : "J'ai bien reçu tes e-mails, ton dépliant est très joli mais je n'ai pas eu le temps de m'en occuper. On se voit lundi pour voir ce qui reste à faire." Great. Et c'était bien la peine de se presser...

Par Anne - Publié dans : Boulot
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